Vous habitez un appartement en copropriété mal isolé ou une maison classée en « passoire thermique » au DPE, et vous hésitez à vous lancer dans de gros travaux ? Une récente note du Service des données et études statistiques (SDES) montre que 91 900 logements ont déjà engagé une rénovation d’ampleur avec une aide de l’Anah en 2024, pour 2,4 milliards d’euros de subventions. Ces chiffres, loin d’être abstraits, dessinent très concrètement ce que vous pouvez espérer en tant que propriétaire ou bailleur.
Part des ménages modestes, rôle des copropriétés, montant moyen des travaux, niveau de prise en charge : en regardant ces données de près, on comprend mieux ce que MaPrimeRénov’ Ampleur et les aides de l’Anah peuvent changer pour votre projet, surtout si votre logement a un mauvais DPE.
Imaginez : vous êtes copropriétaire dans un immeuble des années 60. Votre appartement vient d’obtenir un DPE en classe F. Vous savez que c’est une passoire thermique, vos factures de chauffage sont élevées, et vous craignez pour la revente ou la location à moyen terme.
En assemblée générale, le syndic évoque une rénovation globale : isolation de la façade, changement de la chaudière collective, ventilation, etc. On parle de travaux autour de 40 000 euros par logement. De quoi faire peur, même si vous êtes convaincu du bien-fondé du projet.
La question que vous vous posez naturellement : est-ce que ces aides sont vraiment accessibles, et à quel niveau ? Les nouveaux chiffres de l’Anah donnent des repères très concrets.
La note du SDES fournit plusieurs informations clés sur les rénovations lourdes financées en 2024 avec l’aide de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), notamment via MaPrimeRénov’ Ampleur.
Concrètement, cela signifie qu’en moyenne, pour 41 500 euros de travaux, l’Anah finance environ 63 % du coût. Le reste reste à la charge du ménage (épargne, emprunt, autres aides éventuelles). Cela donne un ordre de grandeur de ce que vous pouvez viser si vous entrez dans le cadre de ces rénovations d’ampleur.
Une « passoire thermique » est un logement très énergivore, généralement classé F ou G au DPE. Le fait que 51 % des logements aidés soient des passoires, et même 74 % dans le cadre de MaPrimeRénov’ Ampleur, montre que le dispositif cible en priorité les logements les plus mal classés.
Si votre logement est dans ce cas, ces chiffres confirment que vous faites partie du cœur de cible des aides : les dossiers de rénovation lourde concernent majoritairement des logements comme le vôtre.
MaPrimeRénov’ Ampleur est donc très utilisée par les ménages aux revenus modestes, qui bénéficient d’un niveau d’aide plus élevé. Si vos revenus sont modestes, ces chiffres montrent que vous n’êtes pas un cas isolé : des dizaines de milliers de foyers dans votre situation ont déjà engagé des travaux lourds avec une aide substantielle.
Autrement dit, près d’un projet sur deux concerne une copropriété. Si vous habitez en immeuble, vous êtes exactement dans le profil le plus fréquent des rénovations financées. Les travaux votés en assemblée générale (isolation, chauffage collectif, etc.) entrent donc très souvent dans ces dispositifs.
À l’inverse, le dispositif Loc’Avantages, qui vise plutôt les bailleurs acceptant de louer moins cher en échange d’un avantage fiscal, ne représente que 3 % des rénovations d’ampleur. L’essentiel du mouvement se fait donc via les aides à la rénovation globale, pas via ce levier-là.
Revenons à votre cas de copropriétaire dans un immeuble énergivore, ou de propriétaire d’une maison classée F ou G au DPE.
En pratique, cela veut dire que si un audit énergétique (diagnostic complet qui propose un scénario de travaux) ou un DPE met en évidence que votre logement est très énergivore, vous avez de réelles chances d’être accompagné financièrement pour un bouquet de travaux cohérent, et pas seulement pour de petits gestes isolés.
Les données publiées sur les 91 900 rénovations d’ampleur aidées en 2024 montrent clairement une chose : les rénovations lourdes ne sont plus réservées à quelques ménages très aisés. Avec un montant moyen de travaux à 41 500 euros et un taux moyen de prise en charge de 63 %, de nombreux propriétaires, notamment modestes et en copropriété, réussissent à transformer des passoires thermiques en logements performants.
La première étape reste le diagnostic : DPE pour connaître la classe énergétique de votre logement, puis, si besoin, audit énergétique pour définir un scénario de travaux adapté. À partir de là, vous pouvez chiffrer votre projet, regarder quelles aides de l’Anah et de MaPrimeRénov’ Ampleur sont mobilisables, et décider en sachant que des dizaines de milliers de foyers ont déjà franchi le pas avec un soutien financier important.